Depuis
dimanche soir, les épiciers sont à la fête. Alors comme ça, le Front National
est arrivé en tête des élections européennes de 2014, avec 25 % des suffrages
exprimés… OUI MAIS, vue l'abstention, cela ne fait que 10 % des Français… OUI
MAIS, si l'on regarde le nombre de voix, il en a obtenu un bon quart de moins
qu'en 2012… Franchement, ça change quoi au résultat ? Avec ce genre de
raisonnement, le FN ne réalisera pas un score de 25% à la prochaine
consultation électorale, mais peut-être de 30% et pourquoi pas de 40%… de 50% !
Quelle que soit la façon de compter, le Front National sera, de loin, le
principal représentant de la France : vingt-quatre élus sur les
soixante-quatorze représentants la France. Un tiers.
Le Front National capitalise un
mécontentement qu'aucun des soi-disant "partis de gouvernement" n'est
en mesure d'endiguer. UDR-RPR-UMP, UDF-UDI-Modem, PS, PC, qui se succèdent au
pouvoir depuis près de soixante ans, se révèlent incapables de proposer une
alternative à un système révolu. Que dis-je, décadent ! Les énarques au
pouvoir, formatés pour gérer le libéralisme, nous entraînent à la dérive. Cela
pose une douloureuse question : qu'est-ce qu'un homme politique dépourvu de
vision d'avenir ? Un imposteur. Ces gens-là ne font plus illusion. Ils ne nous
font plus rêver. Jean-Luc Mélenchon a raison de dire : "Ils nous ont volé
nos mots", en accusant les socialistes de se prétendre de gauche alors
qu'ils mènent une politique de droite. Il lui aura fallu vingt ans pour s'en
apercevoir ! alors que, depuis la nomination Laurent Fabius au poste de Premier
ministre (1984), plus personne ne doutait de la véritable nature du Parti
socialiste. François Hollande travaillerait pour la droite qu'il ne s'y
prendrait pas autrement. En deux ans, il aura réussi à dégoûter de la chose
publique un électorat plus dérouté que convaincu par les thèses du Front
National. La gauche ne s'en relèvera pas de sitôt et cela ne laisse plus
d'alternative qu'entre la droite et l'extrême-droite. L'UMP l'a bien compris
qui se déchire pour surfer sur la vague bleue marine ! Pitoyable spectacle.
L'organisation monarchique de la vie politique française a favorisé l'émergence d'une caste d'aristocrates. Elle a vécu. À lui seul, le nombre de listes présentes constitue un désaveu cinglant de ce qu'en son temps Raymond Barre appelait le "microcosme". La sphère politique pullule de petites frappes – de la racaille dirait Nicolas Sarkozy – avides de pouvoir et d'argent pour la protection de leurs intérêts personnels. Chaque fois qu'ils s'engagent à "moraliser la vie politique", ils détournent des urnes des centaines d'électeurs. Il faudrait de leur part un geste fort pour restaurer un brin de confiance et couper l'herbe sous le pied du Front National : rembourser les milliards d'euros volés et détournés à leur profit et ceux de leurs ami(e)s. Qui commencera, alors que tous sont unis au Parlement dès lors qu'il s'agit de s'octroyer des privilèges (la retraite, entre autres) ?
Il serait cependant trop simple de faire porter aux opportunistes politiques, seuls, la responsabilité de cette débâcle. Le système marche aussi grâce à ses collabos, ses Kerviel. Le clientélisme, sans lequel ses frasques l'auraient emportées depuis longtemps, lui assure une base dévouée. L'appareil idéologique mis en place a sapé le principe d'égalité et transformé la "démocratie française" en coquille vide. En privilégiant leurs intérêts individuels au projet commun qui fonde la nation, les oligarques prennent le risque de la faire exploser mais, depuis que le tonnerre gronde, ils ont appris à se boucher les oreilles. Alors, au prochain scrutin, il ne faudra pas s'étonner que le Front National caracole au-dessus des 30% pour le plus grand bonheur des épiciers.
L'organisation monarchique de la vie politique française a favorisé l'émergence d'une caste d'aristocrates. Elle a vécu. À lui seul, le nombre de listes présentes constitue un désaveu cinglant de ce qu'en son temps Raymond Barre appelait le "microcosme". La sphère politique pullule de petites frappes – de la racaille dirait Nicolas Sarkozy – avides de pouvoir et d'argent pour la protection de leurs intérêts personnels. Chaque fois qu'ils s'engagent à "moraliser la vie politique", ils détournent des urnes des centaines d'électeurs. Il faudrait de leur part un geste fort pour restaurer un brin de confiance et couper l'herbe sous le pied du Front National : rembourser les milliards d'euros volés et détournés à leur profit et ceux de leurs ami(e)s. Qui commencera, alors que tous sont unis au Parlement dès lors qu'il s'agit de s'octroyer des privilèges (la retraite, entre autres) ?
Il serait cependant trop simple de faire porter aux opportunistes politiques, seuls, la responsabilité de cette débâcle. Le système marche aussi grâce à ses collabos, ses Kerviel. Le clientélisme, sans lequel ses frasques l'auraient emportées depuis longtemps, lui assure une base dévouée. L'appareil idéologique mis en place a sapé le principe d'égalité et transformé la "démocratie française" en coquille vide. En privilégiant leurs intérêts individuels au projet commun qui fonde la nation, les oligarques prennent le risque de la faire exploser mais, depuis que le tonnerre gronde, ils ont appris à se boucher les oreilles. Alors, au prochain scrutin, il ne faudra pas s'étonner que le Front National caracole au-dessus des 30% pour le plus grand bonheur des épiciers.
