lundi 19 mai 2014

Non à l'Europe

 C'était jeudi dernier, au journal de 13 h de France2. Elise Lucet nous vantait les bienfaits du régime européen sur fond de développement de la Pologne. Regardez ce que l'on peut faire avec 67 milliards d'"aides" ? Et tous les petits Polacks interviewés de reprendre en cœur le même couplet : "Ah, mais c'est ben vrai ça ma bonne Madame, sans l'aide de l'Union européenne, jamais nous n'aurions enregistré de tels progrès !" On en reparlera dans dix ans. Si la diète européenne était si bonne, pourquoi les médias – car toute la presse a relayé dans ses colonnes la publicité payée par Bruxelles – n'ont-ils pas posé les mêmes questions à nos ami(e)s Portugais ou Grecs, ni demandé à nos ami(e)s Islandais les raisons du retrait de leur candidature à l'Union ? D'abord parce que, le 1er mai 2014, la Pologne fêtait le dixième anniversaire de son entrée dans l'Union, cela suffit à transformer un non-événement en actualité. Ensuite parce qu'un scrutin se profile à l'horizon d'où les eurosceptiques devenus des opposants actifs devraient sortir vainqueurs.
Une récente enquête conduite par l'Union européenne elle-même (ICI) traduit clairement l'exaspération des Européens face à une institution dépensière, qui dirige sans être élue. 59% des Européens n'ont pas confiance dans l'institution, 32% seulement si ! Les pays d'Europe du sud, dépecées par leurs voisins, sont écœurés : Les Grecs (81%), les Chypriotes (74%), les Portugais (70%), les Italiens (69%), les Espagnols (66%). Les trois nations occidentales ne sont guère plus favorables à l'Europe : 66% des Britanniques, 63% des Français et même 59% des Allemands ne lui accordent pas leur confiance.
Les publi-reportages diffusés en mai ont, évidement, occulté deux informations essentielles : d'un côté, le coût pour les Polonais des "aides" octroyées à leur pays ; de l'autre, le nom de leurs véritables bénéficiaires. Depuis 2000, la dette de la Pologne a été multipliée par cinq (ICI) : de 63 milliards de dollars (37% du Pib), elle dépassera les 300 milliards (60% du Pib) en 2014. L'endettement par habitant est ainsi passé de 1 650 dollars à plus 7 700 dollars dans un pays où le salaire minimum tourne autour des 500 dollars / mois (ICI) et aux inégalités criantes. Comme au Portugal, les contrats pour la réalisation d'infrastructures en Pologne ont été remportés par des grands groupes européens (français ou allemands) capables de corrompre fonctionnaires et politiciens ; les "aides" européennes permettent d'abord de soutenir l'activité de ces entreprises généreuses vis-à-vis de leurs actionnaires et de leurs ami(e)s Bruxellois.
L'Union européenne fait prendre à l'Europe le risque d'un embrasement sanglant. Elle aurait pu offrir la perspective d'un autre monde et agir comme un aimant au sein de l'Europe. Elle avait les moyens de soutenir une transition écolo-culturelle pour remplacer la spirale consumériste qui détruit tout sur son passage. Elle a préféré exacerber les nationalismes dont profitent les partis d'extrême-droite en accélérant la dérive libérale de ses États fondateurs. Pour cette raison, aujourd'hui je dis non à l'Europe.

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