C'était jeudi dernier, au journal
de 13 h de France2. Elise Lucet nous vantait les bienfaits du régime européen
sur fond de développement de la Pologne. Regardez ce que l'on peut faire avec
67 milliards d'"aides" ? Et tous les petits Polacks interviewés de
reprendre en cœur le même couplet : "Ah, mais c'est ben vrai ça ma bonne
Madame, sans l'aide de l'Union européenne, jamais nous n'aurions enregistré de
tels progrès !" On en reparlera dans dix ans. Si la diète européenne était
si bonne, pourquoi les médias – car toute la presse a relayé dans ses colonnes
la publicité payée par Bruxelles – n'ont-ils pas posé les mêmes questions à nos
ami(e)s Portugais ou Grecs, ni demandé à nos ami(e)s Islandais les raisons du
retrait de leur candidature à l'Union ? D'abord parce que, le 1er mai 2014, la
Pologne fêtait le dixième anniversaire de son entrée dans l'Union, cela suffit
à transformer un non-événement en actualité. Ensuite parce qu'un scrutin se
profile à l'horizon d'où les eurosceptiques devenus des opposants actifs
devraient sortir vainqueurs.
Une récente enquête conduite par l'Union européenne elle-même (ICI)
traduit clairement l'exaspération des Européens face à une institution
dépensière, qui dirige sans être élue. 59% des Européens n'ont pas confiance
dans l'institution, 32% seulement si ! Les pays d'Europe du sud, dépecées par
leurs voisins, sont écœurés : Les Grecs (81%), les Chypriotes (74%), les
Portugais (70%), les Italiens (69%), les Espagnols (66%). Les trois nations
occidentales ne sont guère plus favorables à l'Europe : 66% des Britanniques,
63% des Français et même 59% des Allemands ne lui accordent pas leur confiance.
Les publi-reportages diffusés en mai ont, évidement, occulté deux informations
essentielles : d'un côté, le coût pour les Polonais des "aides"
octroyées à leur pays ; de l'autre, le nom de leurs véritables bénéficiaires.
Depuis 2000, la dette de la Pologne a été multipliée par cinq (ICI) : de 63
milliards de dollars (37% du Pib), elle dépassera les 300 milliards (60% du
Pib) en 2014. L'endettement par habitant est ainsi passé de 1 650 dollars à
plus 7 700 dollars dans un pays où le salaire minimum tourne autour des 500
dollars / mois (ICI)
et aux inégalités criantes. Comme au Portugal, les contrats pour la réalisation
d'infrastructures en Pologne ont été remportés par des grands groupes européens
(français ou allemands) capables de corrompre fonctionnaires et politiciens ;
les "aides" européennes permettent d'abord de soutenir l'activité de
ces entreprises généreuses vis-à-vis de leurs actionnaires et de leurs ami(e)s
Bruxellois.
L'Union européenne fait prendre à l'Europe le risque d'un embrasement sanglant.
Elle aurait pu offrir la perspective d'un autre monde et agir comme un aimant
au sein de l'Europe. Elle avait les moyens de soutenir une transition
écolo-culturelle pour remplacer la spirale consumériste qui détruit tout sur
son passage. Elle a préféré exacerber les nationalismes dont profitent les
partis d'extrême-droite en accélérant la dérive libérale de ses États
fondateurs. Pour cette raison, aujourd'hui je dis non à l'Europe.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire